Théâtre Jean Marmignon

Qu’il s’agisse du domaine de la politique, de la société, de la religion, des sciences ou de la culture, il existe des ensembles de codes, de règles, de frontières, qui n’ont pour principal effet que d’empêcher le progrès et la nouveauté. Sortir de ce carcan, changer de paradigme, dépasser les limites, c’est transgresser. Dans le champ politique, la transgression peut se révéler une excuse à des comportements ou des idéologies extrêmes. La religion et ses dogmes rejette toute velléité de penser autrement par l’accusation de péché, de blasphème voire d’hérésie.

La science, après avoir payé un lourd tribut à l’immobilisme, a fini par s’exonérer des contraintes quand Galilée a osé affirmer de la Terre : « Et pourtant elle tourne ! », en écho à la théorie de Copernic, puis quand Harvey s’est permis de disséquer des cadavres, pour
prouver la circulation sanguine, et quand Einstein et ses successeurs ont commencé à explorer l’infiniment petit comme l’infiniment grand, par la description de la relativité et de la physique quantique.

Les Arts n’échappent pas à ce mouvement, autant qu’il soit question de forme ou de fond.

D’abord la forme.
Que serait-il advenu de la peinture si Monet n’avait pas eu l’idée de coucher sur la toile les impressions que lui inspirait le soleil levant ? Ouvrant ainsi la voie aux points de Seurat, aux couleurs et contrastes de Signac, aux cubes de Picasso et, plus près de nous, au noir de
Soulages. La plupart des musiques du XX e siècle, concrète de Henry, électronique de Varèse, certains courants du jazz, comme le free de Coltrane, auraient-ils vu le jour sans que Schoenberg ne s’affranchisse de la gamme tonale ? Le « nouveau roman » chez Alain
Robbe-Grillet ou Nathalie Sarraute serait-il né, et Beckett, Nabokov ou Eco auraient-ils laissé la même empreinte, si James Joyce n’avait révolutionné l’écriture avec son dérangeant « flux de conscience » ? Si Diaghilev n’avait pas autorisé Nijinski à danser dans son juste au corps indécent, dans des décors avant-gardistes signés Cocteau ou Picasso, aurions nous pu voir émerger Béjart, Noureev ou Carolyn Carlson ? Peinture, musique, littérature, danse, partout surgit le naturel, débarrassé des concepts réducteurs de l’académisme.
Une sorte de retour à la nature, que l’on retrouve jusqu’en architecture où la construction globale de Gaudi est dérivée de l’observation de cette nature, et le style Prairie puis « organique » de F.L. Wright signe son intégration dans la nature.

Ensuite le fond.
Nous assistons depuis des années à l’irruption de la culture dans la vie quotidienne. C’est un changement complet de perspective, avec une inversion du mouvement de la culture vers son public, et non l’inverse, comme cela fut la règle durant des siècles. Ce sont les cu-
rieuses et maisons Gaudi sur le Paseo de Gracia à Barcelone. Ce sont les murs de Clarion Alley à San Francisco, signant l’éclosion du « street art ». Et, ce sont aussi, ici, à Saint-Gaudens, les spectacles de rue de la Saint-Go-dingue, puis des Pronomades.

Faire bouger les lignes, refuser les contraintes, changer de référence, c’est imaginer, c’est renaître, c’est OSER LES CULTURES !

 

Jean-Luc SOUYRI
Adjoint au Maire en charge de la culture et de la communication

 

 

 

 

Ouvert du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h

Règlement intérieur du théâtre Jean Marmignon (à télécharger)