Patrimoine

Monument aux trois maréchaux de la Grande Guerre Foch, Galliéni et Joffre.

Entre 1950, les maires de Saint-Gaudens (Armand de Bertrand-Pibrac) et de Valentine (Maurice Alcan) décident de rendre hommage aux trois maréchaux d’origine pyrénéenne et aux soldats ayant combattu lors de la Première Guerre mondiale. Les financements sont obtenus par souscription nationale.Deux sculpteurs réalisent le projet conçu par l’architecte André Lengaigne : Georges Guiraud, grand prix de Rome et Firmin Michelet, qui sculpte les deux statues de Foch, une pour le monument de Saint-Gaudens et une pour la commune de Valentine. Élaboré en pierre blanche de Lens (près de Nîmes), le monument est inauguré par le président de la République Vincent Auriol, le 20 octobre 1951. Comme les photos de l’époque en témoignent, le monument était alors entouré d’un bassin et de quelques marches, l’architecte voulant symboliser la position de ces grands hommes entre eau (Garonne) et montagne (Pyrénées).

Monument aux morts

Implanté à l’origine dans le jardin public, actuel square Eugène-Azémar, le monument aux morts voulu par la municipalité de Jean Bepmale est inauguré en 1923. Il a été déplacé à son emplacement actuel en mars 2010.

C’est l’œuvre de Paul Ducuing (Lannemezan 1867-Toulouse 1949), élève de Falguière et Mercié.

Le monument se compose de deux statues, fondues par la fonderie Barbedienne. La partie haute représente la France victorieuse à travers le Poilu marchant d’un pas décidé. La partie basse symbolise la France libérée mais meurtrie avec son Poilu inerte que l’on détache de ses liens.

Selon l’historien Antoine Prost, ce « Poilu inanimé » appartient au type « Monument funéraire patriotique ».

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Mémorial à Augustus Saint-Gaudens

L’actuel mémorial remplace le monument original, inauguré en 1932 par le maire Louis Payrau. Réalisé en l’honneur du célèbre sculpteur américain d’origine commingeoise Augustus Saint-Gaudens (Dublin 1848 – Cornish 1907), il a été fondu pendant la seconde guerre mondiale.

En 2017, la municipalité décide de recréer le monument. Le sculpteur Jean-Loup Ficat et la fonderie Ilhat sont sollicités pour concevoir un nouveau buste de bronze représentant le sculpteur Augustus Saint-Gaudens en blouse de travail. Le sculpteur Philippe Balard complète ce monument par la réalisation, dans l’escalier, de deux groupes symétriques de figures grandeur nature, en acier Corten.

Elles représentent d’un côté la branche Américaine : Augustus Saint-Gaudens et son épouse Augusta, précédés de leur fils Homer. Plus haut, Louis Saint-Gaudens, frère d’Augustus, l’architecte Standford White, ami du sculpteur, et créateur des socles de ses statues les plus renommées ; David Amstrong ami et sculpteur de la nouvelle vague artistique aux U.S.A. ; son premier mécène, William Evarts, sénateur des États-Unis. En haut, Davida Clarck, modèle et maîtresse de l’artiste.

De l’autre côté, la branche commingeoise : les politiciens Hippolyte Ducos et son épouse, Eugène Azémar et Jean Bepmale ; les acteurs de l’Odéon Mademoiselle Blerville-Silvain, et Romuald Joubé, tous deux présents en 1932 lors de l’inauguration du monument originel, à l’occasion de laquelle ils ont déclamé un poème de Jean Suberville.

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Cloître de l’abbaye de Bonnefont – Square Eugène Azémar

Le square Eugène-Azémar, baptisé ainsi en l’honneur du créateur du Grand prix automobile du Comminges (1922-1952), présente la reconstitution partielle du cloître de l’abbaye cistercienne de Bonnefont avec 20 chapiteaux, classés monuments historiques en 1927.

Cette abbaye établie dans le village de Proupiary (18 km), en 1136, est vendue comme bien national après la Révolution française et démembrée. Ce type de cloître à double colonnettes sur chapiteaux doubles à boules a connu la faveur des cisterciens dans la première moitié du XIIIe siècle. Il fait donc partie d’une campagne de construction postérieure. Ses autres chapiteaux se trouvent au musée des cloîtres à New-York.

Chapelle de la Caoue

« Cava » désigne en occitan-gascon un lieu en contrebas où coule de l’eau, « caoue » en est la transcription phonétique. Effectivement, la chapelle de la Caoue a été édifiée au-dessus de la fontaine où le bourreau, ayant exécuté le jeune martyr Gaudens aurait lavé son sabre. Elle est située en contrebas du plateau du Pujament. Vendue comme bien national après la Révolution, la chapelle est en grande partie démolie en 1794.

Consolidée une première fois grâce au don de madame Serres, elle est restaurée par l’abbé Clergue, futur Père Marie-Antoine, en 1854.

L’édifice actuel en est sa dernière reconstruction. Il a été financé, en 1893, par Monseigneur Compans, vicaire général du Cardinal Donnet, et conçu par l’architecte Jean-Antoine Castex. Réalisé en calcaire nankin, l’édifice s’inspire du style néo-byzantin. Les vitraux en grisaille sont sortis des ateliers des frères Gesta.

Tous les ans, lors des fêtes de Saint-Gaudens, le premier lundi de septembre, une messe y est donnée durant laquelle les reliques du martyr sont exposées à la vénération des fidèles.

La montjoie de la Caoue

De l’occitan-gascon «  montjòia », bloc de pierre servant de borne ou de limite ou consacrant un souvenir,  une montjoie est par extension un petit édifice dans lequel un objet est vénéré.

Jusqu’à la Révolution, une colonne sculptée s’élevait derrière la pierre sur laquelle la tête de Gaudens avait reposé après son martyr. Cette pierre a plus tard été installée devant la montjoie érigée à l’entrée du chemin de la chapelle. Cette monjoie est réalisée par un assemblage de divers éléments, dont un autel votif gallo-romain mentionné par Julien Sacaze et deux curieuses dalles latérales représentant des personnages aux mains immenses levées au-dessus de leurs têtes. Une niche, munie d’une grille refermait un médaillon en bas- relief représentant le jeune Gaudens avant son martyre. Ce médaillon est conservé aujourd’hui au sein du musée de la ville et récemment restauré grâce au mécénat de l’Association des amis de la collégiale. Une statue de saint sans valeur le remplace aujourd’hui dans la niche.

A la suite de la collision d’un autobus dans les années 1930, l’édifice a été déplacé et remonté en retrait de son emplacement originel.

Square Romuald-Joubé

Né Eugène Joube, cet acteur de théâtre et de cinéma est devenu célèbre sous le pseudonyme de Romuald Joubé (1876-1949). Entre Romuald Joubé et la ville de Saint Gaudens des liens étroits ont toujours existé. Sa famille maternelle, la famille Payrau, en était originaire et il y séjourne régulièrement durant toute sa vie. En 1906, il épouse Marthe Cassagne, issue d’une famille commingeoise. Élève du Conservatoire de Toulouse, il obtient en 1894, à 18 ans, un premier prix de tragédie dans « Ruy Blas ». Il décide alors, de concert avec son frère, de s’appeler Joubé, avec un accent, « le jeune », en occitan, et de remplacer son prénom usuel, Eugène, par un autre de ses prénoms, Romuald, beaucoup moins courant. Avec ce nom, il allait embrasser une exceptionnelle carrière de comédien à l’Odéon puis au cinéma muet.

Son nom a été donné au square situé non loin de la ferme de ses grands-parents Payrau d’où il admirait ses Pyrénées et la Garonne.

Circuit du Comminges

Le grand prix automobile du Comminges a existé à Saint-Gaudens entre 1925 et 1954. La ville a connus 18 grands prix auto et moto.

Ce grand prix a été créé par Eugène Azémar conseiller municipal et fondateur en 1922 du Syndicat d’Initiative, dans le but de développer le tourisme local. La même année, il organise le premier «Rallye des stations thermales», auquel participent une quarantaine de voitures et motos sur une boucle de 200 km au départ de Saint- Gaudens, via Boulogne, Larroque, Salies-du-Salat, Aspet et Luchon. Ce Rallye est intégré dans la Semaine automobile du Comminges devenue en 1925, le Circuit du Comminges à Saint-Gaudens.

Dernier témoignage de ce passé, les tribunes de la côte de la Garenne, visibles à l’entrée de la ville en arrivant de l’ouest. A proximité de ces tribunes, le Musée du circuit du Comminges, ouvert en 2017, et géré par l’Écurie automobile du Comminges retrace cette épopée à travers un fonds documentaire collecté depuis quarante ans.

Le musée – Arts et figures des Pyrénées centrales

Le musée occupe les locaux de l’ancienne mairie de Saint-Gaudens. Cette mairie a été construite entre 1870 et 1874, à l’emplacement de la maison commune (XVe siècle), s’élevant à l’aplomb de l’ancien rempart et détruite par un incendie en 1869.

Ce bâtiment néo-classique se démarque des constructions traditionnelles voisines, de par sa couleur jaune, celle du calcaire coquillé des pierres et de son enduit, renvoyant au clocher de la collégiale, reconstruit à la même époque (1872) en employant le même matériau. Il se démarque aussi par sa couverture en ardoise et non pas en tuile.

Ouvert vers la promenade gagnée sur l’ancien rempart du sud au XVIIIe siècle, il possède une entrée d’honneur dotée d’un escalier à double révolution et deux belles portes, datant de 1874, restaurées en 2017. La façade est rythmée par six pilastres engagés superposant les ordres ioniques et corinthiens. Les armes de la ville (la cloche) sont sculptées au fronton et latéralement dans huit petits blasons. Le blason du Nébouzan, provenant de l’ancien palais communal, est visible à la clé de la porte au-dessus de l’escalier.

Devenus trop exiguës pour les service municipaux, la mairie a quitté ce bâtiment en 1967 laissant la place au musée qui y occupait déjà quelques pièces depuis 1962. Aujourd’hui le Musée y est toujours installé.

La Collégiale Saint-Pierre et Saint-Gaudens

Second édifice roman de Haute-Garonne de par sa taille après Saint-Sernin de Toulouse, l’église romane de Saint-Gaudens porte le nom de collégiale car elle était administrée par un collège (groupe) de chanoines. La construction de l’église collégiale, à l’emplacement d’un édifice antérieur, commencée dans les années 1050 dans la plus pure tradition pyrénéenne, ne fut achevée qu’à la fin des années 1120-1130, après moult changements de partis-pris dans sa construction. La présence de tribunes autour de son abside témoigne de son passé d’église de pèlerinage destinée à recevoir les pèlerins du chemin de Saint-Jacques de Compostelle, qui vénéraient au passage les reliques du jeune berger martyr Gaudens et de sa mère Quitterie.

Le décor sculpté de la collégiale témoigne d’influences aragonaises ou toulousaines ainsi que de la tradition locale.

Le cloître de la Collégiale Saint-Pierre et Saint-Gaudens

Le cloître originel remonte à l’époque romane. C’est à l’opiniâtreté d’un commingeois contemporain, Gérard Rivère, qui a mené de nombreuses recherches que l’on doit la restitution du cloître actuel.

Le cloître originel, démantelé entre 1807 et 1815, s’élevait au sud, de la Collégiale Saint-Pierre et Saint-Gaudens. Il était vraisemblablement composé de deux galeries romanes, achevées vers 1180. Suite à des fouilles, ce sont trois galeries qui ont été remontées en 1987 sur les bases mises à jour. 13 chapiteaux originaux ou leurs moulages ont été remis in situ, ainsi deux travées romanes et une gothique ont pu être reconstituées. Les autres chapiteaux taillés en 1987 sont juste épannelés afin d’éviter la confusion avec les chapiteaux d’origine.

 

La salle capitulaire du cloître

Édifiée au début du XIIIe siècle, la salle capitulaire, située dans le cloître, salle de réunion des chanoines, remplace une salle plus ancienne. En effet, les bâtiments canoniaux ont dû exister dans leur intégralité fonctionnelle, dès la fin du XIe siècle.

Réalisée à l’époque gothique, ce style n’est que peu visible dans la salle capitulaire : uniquement à la porte possédant une arcade ogivale, les voûtes intérieures étant construites en plein cintre.

Le saint Michel terrassant le dragon visible en levant la tête sous la porte est extrêmement naïf et porte des traces de polychromie, comme les clés des quatre voûtes et les trèfles du chapiteau central. Autrefois utilisée comme sacristie par la Paroisse, cette salle est aujourd’hui principalement utilisée comme lieu d’exposition.